Apprendre à se pardonner

par | 21 Fév 2018 | Épanouissement personnel | 4 commentaires

 

 

Avez-vous déjà été dans une situation où vous n’arriviez pas à vous pardonner pour les conséquences d’un choix, d’une action ou bien pour un échec ? Vous est-il déjà arrivé de ne pas pouvoir faire taire ce juge intérieur aux perpétuelles sentences toujours plus sévères ?

Alors cet article est fait pour vous !

Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours eu une image idéalisée de l’âge adulte. Alors que je n’étais encore qu’un petit garçon, je m’imaginais que les grandes personnes étaient l’incarnation parfaite de toutes ces valeurs que la société met en avant : le courage, le respect, la tolérance, la sagesse, le fait d’être responsable, d’assumer les conséquences de ses choix… Comment pouvait-il en être autrement ? Comment le monde pouvait-il bien tourner rond si les adultes n’étaient pas la personnification même de ce qui se fait de mieux ?

Par conséquent, afin de satisfaire toutes les exigences que représentait le fait d’être adulte, j’ai commencé très tôt à être extrêmement exigeant envers moi-même et à n’attendre de moi que le meilleur. De cette manière, en grandissant, je passerais également le test de la perfection et deviendrais digne d’être appelé « adulte ». J’admirais et prenais pour modèle certains personnages fictifs ou des personnes réelles qui étaient à mes yeux la représentation la plus pure des valeurs qui m’étaient chères afin de m’inspirer de leurs actions.

Et puis en grandissant, j’ai lentement réalisé que l’image que j’avais de l’âge adulte était totalement erronée. Les grandes personnes n’étaient malheureusement pas ces êtres parfaits que j’avais imaginés, loin s’en faut. Mais qu’à cela ne tienne, j’ai continué à exiger la perfection de moi-même dans tout ce que j’entreprenais. Ainsi, je comptais me distinguer de ceux qui ne faisaient que le strict minimum et qui se plaignaient ensuite d’avoir une vie médiocre. Tout échec était jugé avec une sévérité extrême et ne devait plus se reproduire. J’appliquais cette recherche de la perfection dans tout ce que j’entreprenais, dans ma vie professionnelle comme sentimentale, dans mes relations avec mes amis comme avec ma famille.

Cela fonctionna plutôt bien jusqu’au jour où l’inévitable arriva. J’ai échoué. Par nécessité, j’ai abandonné et blessé deux êtres chers. Et même si un tel dénouement était inévitable, la décision que j’ai dû prendre allait à l’encontre de tous les principes et de toutes les valeurs importantes à mes yeux. Comment, malgré ma volonté de faire au mieux, avais-je pu provoquer tant de souffrance chez ces êtres qui m’avaient tant apporté ? Aux yeux de mon juge intérieur, j’étais coupable du pire des crimes. J’avais commis l’impardonnable. Et comme vous pouvez l’imaginer, la sentence prononcée était à la hauteur du crime commis. Pendant des années, je m’étais conditionné à n’attendre de moi-même que la perfection. Et voilà que j’enfreignais une règle d’or : j’avais failli à des êtres qui m’avaient fait confiance. Mon juge intérieur fut sans pitié. Il me rappela chaque jour l’étendue des dégâts que j’avais provoqués et la souffrance qu’avait engendré ma décision. Il me rappela chaque jour à quel point j’avais échoué.

Nombreuses ont été les sentences toujours plus sévères prononcées à mon égard avant que je prenne finalement conscience que cette attente de perfection que j’avais envers moi-même dans tous les domaines de ma vie était non seulement totalement absurde, mais surtout extrêmement nocive. Je devais arrêter de me juger si durement. Je devais arrêter de courir après la perfection, car la perfection n’est pas de ce monde. Je devais apprendre à faire preuve d’indulgence envers moi-même. Mais surtout, je devais apprendre à me pardonner à moi-même.

Cependant, apprendre à se pardonner est plus facile à dire qu’à faire. Ce n’est pas vraiment le genre de choses que l’on vous apprend à l’école ! Jusqu’au jour où une idée m’est venue. Alors que je regardais des photos de moi-même étant petit, je me suis rendu compte que l’on pardonnait toujours plus facilement à un enfant qu’à un adulte. J’ai donc choisi la photo de moi que je trouvais la plus touchante et je l’ai accrochée au cadre de mon écran d’ordinateur pour pouvoir la voir chaque jour. Au dos de cette photo, j’ai écrit les mots suivants : « Ne sois pas trop dur envers ce petit garçon. Personne n’est parfait. Alors sois indulgent envers toi-même et apprends à te pardonner à toi-même ». À chaque fois que mon juge intérieur réapparaissait pour répéter sa sentence, je regardais le petit garçon souriant sur sa moto de plastique pour lui répéter les mots inscrits derrière la photo. À mon grand étonnement, le fait de m’adresser directement à ce petit garçon si innocent toujours présent au plus profond de moi eut sur moi un effet incroyablement réconfortant. Avec le temps, mon juge intérieur a fini par s’apaiser et ne plus refaire surface si souvent. En m’adressant à l’enfant, j’ai trouvé un moyen de pardonner à l’adulte.

Personne ne vous jugera aussi durement que vous vous jugez vous-même et apprendre à se pardonner est un exercice de chaque jour. Alors si vous désirez sortir de ce cercle vicieux et faire la paix avec vos échecs du passé, si vous souhaitez faire taire ce juge intérieur et ses sentences toujours plus sévères, si vous voulez apprendre à vous pardonner, voici mon conseil : trouvez la photo la plus attendrissante de vous étant enfant. Peu importe que vous soyez sur le pot, en train de faire des grimaces à l’appareil photo ou bien de conduire une petite moto de police en plastique. Trouvez cette photo et accrochez-la à un endroit où vous pourrez la voir chaque jour. Lorsque votre juge intérieur refera surface pour vous rappeler vos échecs, regardez l’enfant sur la photo et répétez simplement « Ne sois pas trop dur avec ce petit garçon/cette petite fille. Personne n’est parfait et il/elle ne fait pas exception. Alors accepte tes échecs, sois indulgent envers toi-même et pardonne-toi ». Et lorsque vous sentirez les larmes vous monter aux yeux, laissez-les couler, elles sont le signe que le processus de pardon a commencé.

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